Dépenses et achats compulsifs.

J’aime avoir des projets. Malheureusement, avec la maladie, l’énergie me fait défaut et la plupart de mes rêves sont irréalisables.

La solution de facilité, bien que je ne sois jamais vraiment tombée dans l’excès, est d’avoir des projets « matériels ». Projets réalisables car il suffit de les acheter. Enfin un domaine dans lequel la schizophrénie ne semble pas être un obstacle !

Et c’est en prenant conscience que j’attendais avec un peu trop d’excitation le premier jour des soldes que je me suis rendue compte que, malgré moi, j’étais tombée dans la spirale infernale de la société de consommation. Acheter du bonheur car on n’est pas fichu de se le procurer soi-même et d’être simplement satisfait.
J’étais pressée et pourtant je n’avais besoin de rien de particulier. C’est là que le bât blesse et que je me suis sentie comme un mouton ( et pas qu’à cause de mes cheveux).

Je possède en fait tout ce qu’il me faut pour (sur)vivre. Quand on y pense, le reste n’est que gadget superflu.
La technologie avance, la mode change, et surtout les goûts évoluent.
On peut en déduire que les biens matériels (mis à part l’immobilier) ne seront jamais vraiment acquis de manière a pouvoir passer autre chose. Donc autant ne plus (dé)penser à tout ça vu qu’on sera toujours à la traîne et/ou dans le besoin de mieux et de plus.

2017 aura donc commencé par une prise de conscience inattendue.
Mon regard a changé et je ne l’avais pas vu venir. Ce qui représentait autrefois une source de plaisir pour moi est devenu simplement équivalent à du non sens. Me reste donc à présent à focaliser sur l’essentiel.

et maintenant, un bon café.

 

 

Schizophrénie, poids et alimentation

Quand on tombe malade on prend généralement du poids, mais pas à cause de la maladie directement.

Mais d’où ça vient alors ?

En grande partie des médicaments. Leur effet est similaire à l’hypothyroïdie. À ce ralentissement du métabolisme se rajoute la disparition de la sensation de satiété. Ça chamboule les repères.

Sous risperdal j’avais pris 30kg par exemple.

Puis il faut aussi tenir compte du manque d’énergie, de la fatigue et du fait de ne pas pouvoir sortir de chez soi. L’un dans l’autre la prise de poids semble fatale.

Je me rappelle d’un ami ( oui oui j en avais à l’époque, y’a 15 ans) qui était si maigre que son médecin lui avait prescrit des neuroleptiques alors qu’il n’avait absolument aucun problème d’ordre psychiatrique. Juste pour le faire grossir.

Ne soyez donc pas trop durs face à la prise de poids de vos proches souffrant de schizophrénie.

Actuellement je ne suis pas encore stabilisée et mes délires prennent le dessus. Cela me fait l’effet inverse sur le poids.

J’ai cette intuition méga forte que je vais mourir empoisonnée ou etouffée. C’est super dur pour moi de savoir ce que je peux manger, chaque jour.
Je ne sais pas si je pourrai manger aujourd’hui par exemple.
J’espère, parce que j’ai faim.

Parfois ce stress du poison s’estompe et là, même si je n’ai aucune satisfaction en mangeant, je fais des réserves.

C’est fou comme toutes ces complications qui me pourrissent la vie me font parfois, en société, juste porter une étiquette de personne qui s’affame par souci d’esthétique.

Malheureusement dans la société actuelle il vaut mieux avoir l’air d’une princesse qui surveille sa ligne plutôt que d’une « psychotique », en toute honnêteté.
Mais parfois j’me dis juste waw, si les gens savaient, ils la boucleraient et ça me ferait des vacances.

Video

Mon compagnon voulait que je lui trouve un docu pour comprendre la maladie, ça avance, c’est bien !

Un peu condescendant le type de la video, mais c’est ludique et il explique bien donc si ça vous intéresse pour vous ou pour un proche, hop !

À un moment j’me suis dit que j’allais en faire aussi, des videos. Mais je ne pourrais pas assumer les commentaires négatifs des trolls d’internet. Ni le fait que la belle famille ou de potentiels futurs collegues ou futurs employeurs tombent dessus et me reconnaissent. ( Ouais j ai pas encore fait le deuil de ma potentielle carrière).

 

Le soutien familial

Si vous avez un proche atteint d’une pathologie mentale, soutenez-le.
Même si la frustration de le voir fonctionner différemment des autres personnes vous dépasse et vous donne envie de mettre des oeillères ou de crier, Il faut être une équipe. C’est comme ça que ça avance. Pas autrement.
Cela rajoute un confort, et surtout, cette douce bienveillance si magique. Du concentré de poudre de fée je vous dis.

Le soutien familial est un luxe , vous ne vous rendez pas compte que ce que vous pouvez offrir vaut plus que tout l’or du monde. Si si.
Parfois quand je suis au plus mal je me dis que c’est normal que ma famille ne me soutienne pas toujours, que c’est mérité. Parfois je voudrais même me quitter moi-même.

Et, heureusement, survient toujours ce moment de lucidité qui me fait comprendre que non, même dans mes moments difficiles, je ne me quitterais jamais car je suis quand-même une chouette fille.

Mais rien n’est jamais figé, au fil du temps ils finiront forcément tous par comprendre.