L’erreur de mes psychologues.

Dans ma vie je suis passée de psychologue en psychologue car j’ai toujours voulu tout mettre en oeuvre pour me soigner.
Avec un rendez vous par semaine, cela correspondait à un budget de 180 euros par mois.
Juste pour voir une psy ( -chologue, car les psychiatres c’est encore autre chose).

Malheureusement, chez chacune de mes ex-psy, la même erreur revenait systématiquement après quelques séances :

La psychologue, se sentant à l’aise avec moi, se laissait vaquer à quelques anecdotes sur sa vie privée, voire aux difficultés rencontrées dans sa vie. Et là, le drame, elle n’etait plus « une respectable psychologue » mais elle etait bel et bien redevenue l’humaine lambda.
Celle qui parle chiffon et qui cherche mon empathie face à ses problèmes et bien sûr ses 45 euros à la fin de la séance.

Je ne vous paie pas pour discuter entre copines, on n’est pas copines,  on ne paie pas ses copines.

 

Le terrain favorable

C’est pas facile de changer de plans, d’abandonner des projets dans lesquels on a investi beaucoup d’energie et sur lesquels on s’est appuyé une grande partie de sa vie pour continuer à avancer.

Mais tel un petit singe qui avance de liane en liane, ou une princesse qui avance de mec friqué en mec friqué, rebondir et percevoir la vie imprévisible comme un challenge plein de rebondissements aide garder la tête hors de l’eau.

La vie n’est qu’une farce.

 


La quête du bonheur (ou Les groupes de parole II)

Lors des groupes de paroles, remplis de désespoir et de détresse, j’ai constaté que les problèmes mis sur le tapis, la plupart du temps, étaient en rapport avec le contraste entre notre vie de malade et celles des autres.

Tout le monde pense à la vie géniale qu’il aurait menée s’il n’avait pas été malade ou s’imagine que le bonheur n’est accessible que quand on arrive à mener le même type de vie que les autres. Ou, du moins, celle que l’on imagine qu’ils mènent..

Vu que j’ai une façon de voir les choses qui m’est propre, et qui me permet de relativiser, j’ai essayé de la partager.
Je n’ai pas la science infuse mais avoir plusieurs sons de cloche est toujours intéressant.

Ce raisonnement ne marche d’ailleurs pas que pour les personnes atteintes de schizophrénie, mais bien pour tout le monde :

 

Les groupes de parole, partie 1.

Avant toute chose, pour votre culture générale, il faut absolument que vous regardiez cette photo de yak. Car il a la class, le swag, il sera toujours mieux coiffé que vous et il découle une élégance rare de son côté émo qui a mal à son âme.
Etre coiffé comme un yak devrait être un compliment. Je serais heureuse qu’on me dise que je suis coiffée comme un yak.

Bref.

Une psychologue de l’Hp m’avait dit que je devais obligatoirement participer à leur activité de groupe de parole car « ça me ferait du bien ».
Je suis tout à fait pour ce genre de groupe quand il s’agit de familles de malades voulant échanger des conseils. Par contre, « entre malades » excusez-moi mais .. bof.

C’est juste une consultation de psy avec un public. 
Du coup me forcer a y aller, quand je n’ai pas envie de déballer ma vie en public, c’est ridicule. Alors pour participer un minimum, j’aide les autres à dédramatiser leurs problèmes, mais je dois aussi sauver ma peau et les empêcher de me faire couler en même temps qu’eux, et ça c’est difficile, surtout quand on est fragile ( Et ça rime !).

Je suis la seule du groupe à donner des conseils et motiver les troupes. Le psy et l’éducateur qui n’y connaissent pas grand chose sont oubliés, c’est vers moi qu’on se tourne pour de sages paroles. 

Je trouve très sincèrement que les conseils devraient venir de pairs-aidants, mais il n’y en a pas. Je ne suis pas une employée salariée et je n’ai pas à endosser ce rôle, à défaut de pair-aidants c’est au psy à le faire.
Psy qui d’ailleurs nous regarde en mangeant son popcorn (façon de parler ). Dur job.
Ce ne sont pas 2h de bénéfices pour moi, mais 2h durant lesquelles je dois lutter contre le négatif que j’entends. C’est de la survie, réussir à contrecarrer tous les problèmes et biais de raisonnement que les autres m’exposent. Les régler ou couler, façon marche ou crève.

C’est épuisant et ça me fout le cafard pendant quelques heures car au final ça me rappelle que je suis dans le même sac, et que je suis malade.

Conclusion : Un groupe de parole, quand c’est obligatoire et mal encadré, ca fait + de mal que de bien.

 

 

La psychologue #2

Quand on me dit que je suis un cas « super grave », au lieu d’entendre un « je compatis, chère patiente » j’entends « c’est plus grave que ce que tu imagines, ton comportement zen n’est pas adéquat. »
et ça me fait -presque- perdre pied et douter de moi.

Bon évidemment, par la force du café, de Merlin et Xena ainsi que de mes bains pleins de mousse, mes idées rentrent bien vite en place et tout baigne (Surtout dans le bain, hohoho).
Mais j’avoue qu’au début ça me tire vers le bas, « je serais donc un cas grave » .Aie. Ça fait mal quand même.
Je pense que même si j’ai la chance d’arriver à remonter la pente face à une telle remarque, d’autres, moins vernis, risquent de tomber dans une sale spirale.
Une minute de silence pour tous les autres malades à qui elle aura dit la même chose.

Je ne me trouve pas dans une situation grave. Même si encore une fois tout est relatif.
Tout ce que je sais c’est que je ne vais pas mourir, je suis assez contente de ma vie et de pouvoir contempler toutes sortes de choses.
La contemplation et l’imagination à elles-seules justifient pourquoi il m’est intéressant de vivre, même malade et isolée chez moi.

La psy je ne lui en veux pas, sa légèreté maladroite semble être sa marque de fabrique.
Pour avoir un discours pareil, elle doit sûrement comparer sa vie de salariée avec la mienne et se dire « Je serais désemparée, si ça m’arrivait ». Je ne vois que ça.

Toutefois, si les consultations n’avaient pas été gratuites, je me serais sûrement montrée moins indulgente face aux claques que je me ramasse.