Les groupes de parole, partie 1.

Avant toute chose, pour votre culture générale, il faut absolument que vous regardiez cette photo de yak. Car il a la class, le swag, il sera toujours mieux coiffé que vous et il découle une élégance rare de son côté émo qui a mal à son âme.
Etre coiffé comme un yak devrait être un compliment. Je serais heureuse qu’on me dise que je suis coiffée comme un yak.

Bref.

Une psychologue de l’Hp m’avait dit que je devais obligatoirement participer à leur activité de groupe de parole car « ça me ferait du bien ».
Je suis tout à fait pour ce genre de groupe quand il s’agit de familles de malades voulant échanger des conseils. Par contre, « entre malades » excusez-moi mais .. ça craint.

C’est juste une consultation de psy avec un public. 
Du coup me forcer a y aller, quand je n’ai pas envie de déballer ma vie en public, c’est ridicule. Alors pour participer un minimum, j’aide les autres à dédramatiser leurs problèmes, mais je dois aussi sauver ma peau et les empêcher de me faire couler en même temps qu’eux, et ça c’est difficile, surtout quand on est fragile ( Et ça rime !).

Je suis la seule du groupe à donner des conseils et motiver les troupes. La psy et l’éducateur qui n’y connaissent que dalle sont oubliés, c’est vers moi que tout le monde se tourne pour de sages paroles. Weee.

Je trouve très sincèrement que les conseils devraient venir de pairs-aidants, mais il n’y en a pas. Je ne suis pas une employée salariée et je n’ai pas à endosser ce rôle de remplacement de psy.
Psy qui d’ailleurs nous regarde en bouffant son popcorn. Dur job.
Ce ne sont pas 2h de bénéfice pour moi, mais 2h durant lesquelles je dois lutter contre le négatif. C’est de la survie, réussir à contrecarrer tous les problèmes et biais de raisonnement que les autres m’exposent. Les régler ou couler, façon marche ou crève.

C’est épuisant et ça me fout le cafard pendant quelques heures car au final ça me rappelle que je suis dans le même sac, et que je suis malade.

Conclusion : Un groupe de parole, quand c’est obligatoire et mal encadré, ca fait + de mal que de bien.

 

 

Aux grands maux les grands remèdes

Avec la moitié de mon traitement en moins mes journées sont plus compliquées, parasitées, floutées, araignées et tout ce qui finit par  -ées.

..MAIS comme je fais le plein de bains, d’Hercule, de Xena, de kaamelott et de café, je ris et je re ris.
Je m’accroche à toutes ces petites (grandioses) choses qui me tirent vers le haut.
Et chaque minute passée à m’amuser ou à « simplement » sourire est, en soi, une victoire sur cette maladie qui ne se guerit pas.
Non, Boris, tu ne me condamneras pas à une vie de dépression.

Le tout, en gardant bien dans un coin de ma tête qu’il y a toujours pire *lève le poing avec un air déterminé*

Un grand pouce levé aux lecteurs qui auront reconnu le grand classique auquel ce dessin fait honneur.

 

Une vie de rêve.

Cette maladie je la compare à un rêve éveillé couplé à un état d’ébriété continu.
Hallucinations + déréalisation. Être bourré dans un rêve, en gros.

Dans ma vie de malade non-stabilisée et sous-médicamentée, absolument tout est possible.
Les murs peuvent se mettre à me parler et je peux voir des moitié de cadavres voler devant mes fenêtres. Je flippe à tous les coups et ça me crève.
Mais tout ça, de l’extérieur, vous ne le devinez pas. 

Vous voyez juste quelqu’un de nerveux sans raison apparente. A qui on essaie, parfois même, de donner des leçons.

Lynch ? C’est du pipi de chat à côté de ma vie.