L’avenir brillant.

Je suis dépitée par tous ces articles et discours qui prônent que 30 ou 40 ou 50 ans (au choix), « c’est le bel âge », en avançant cet argument intemporel « Vous avez une plus grande aisance financière grâce à l’évolution de votre carrière, vous avez l’argent et l’autonomie pour voyager et, de temps en temps, vous faire un beau cadeau.. car maintenant vous êtes adultes et vous en profitez ».

Et après, un beau jour, on nous sort « c’est fou, ils vivent vraiment en marge de la société les schizophrènes. C’est de la mauvaise volonté ».

Non, Einstein, c’est de la survie pour ne pas être profondement triste.

 

Mes journées

On ne me demande jamais comment je vais ou comment se sont passées mes journées. Que ce soit du côté du compagnon ou de la famille, c’est la technique de l’autruche.
C’est comme ça, ça évite d’etre confronté à un récit embarrassant ou d’être mal à l’aise.

De mon côté je trouve que ça me disqualifie des relations sociales, je suis une personne à qui on ne demande même plus comment elle va. Je me sens moins exister qu’une autre. Moins importante, moins vivante.

Au final, j’ai eu tellement à dire que j’ai créé ce blog. Ici je peux faire sortir ce que je garde à l’intérieur.
Voici donc le résultat en images, avec bcp d’auto dérision, et hop !!!!

 

Être maman

C’est en lisant le dernier article de Mamounette à lunettes que je me suis dit que j’allais partager mon expérience.

J’aime ma fille + que tout, elle est simplement géniale. Bien qu’elle illumine mes journées, il faut admettre que c’est parfois compliqué en terme de ratio efforts/repos. Surtout quand on est malade.

Je rêvasse parfois en repensant à cette époque où je pouvais me lever à 9:30 le weekend, boire mon café devant la télé le matin, bouger avec monsieur le soir et où (à côté de ma santé) mon souci principal était « je mets quelle robe aujourd hui? ».

Puis en discutant avec un gentil gars sur internet, papa d’un enfant de 2 ans, il m’ a expliqué que selon lui les anciens moyens utilisés pour prendre du bon temps ( en référence a la période pré bébé) sont à mettre définitivement aux oubliettes et qu’il faut revoir sa façon de s’éclater en tenant compte du facteur bébé. Au risque d’être à jamais frustré.

Oui je sais c’est radical.

L’exemple utilisé était : L’apéro de fin d’aprem est remplacé par une agréable balade en poussette.

Bon pour le coup c’est mitigé mais vous voyez où je veux en venir.

A présent j’essaie de profiter de choses différentes, de rechercher tellement le positif et le fun dans le quotidien avec bébé que la frustration de ne pas pouvoir « faire comme avant » diminue jusqu’à s’effacer. Car maintenant c’est ça aussi, l’éclate.

Je m’éclate à empiler des cubes avec elle et mes vieux reflexes de vouloir faire du sport ou siroter un gin tonic se dissipent.

Il ne faut pas s’oublier non plus et s’accorder des moments à soi (car on n’est pas qu’une maman et bla bla bla) mais à defaut d’avoir la même liberté qu’avant, revoir mes critères de grosse éclate m’a permis de m’adapter et me zenifier, même si ça a pris des mois pour se mettre en place !

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La désocialisation

Le psychiatre m’a dit qu’il faut s’intéresser au monde, à la modernité, aux choses dans le vent, pour être + dans le réel, pour avoir matière à dialoguer et  se sentir moins marginalisé.
Il faut donc que je fréquente des gens et que je vois « comment on vit » pour tout réapprendre, et me réadapter socialement. Du moins, c’est sa théorie.

Bon, intercepter des inconnus dans la rue et leur dire « dites moi comment vous vivez, et aussi ce qui est à la page, ce serait bien aimable » j’le sens moyen.

Si vous avez lu mes autres articles vous comprendez vite que c’est délicat : trop de stress et je m’enfonce. Donc toutes les activités de groupe et les clubs, ce n’est pas pour le moment, mais ça reste un goal à atteindre.

Sinon, reste la solution hosto.
Aller en hôpital de jour pendant 1 mois avec des dépressifs ( no offense) mais ça ne me botte pas. Puis il y’a tjs ce moment où on te demande pourquoi t’es là et quand tu donnes ta maladie on te regarde en disant ‘..ha putain quand même…’ et d’un coup l’air devient glacial et tu te chopes une bronchite et le clan des dépressifs te fait comprendre que t’es différente et qu’on aime pas trop les gens comme toi par ici.

Vous savez, la schizophrénie a une sale image en dehors de l’hôpital mais en dedans aussi, faut le dire. il y a une hiérarchie même en hôpital psy. Oui oui. Et les schizophrènes c’est évidemment la crasse.

( D’ailleurs L’eau Rence a un très bel article à ce sujet )

Au final, comme solution j’ai trouvé le web. Les blogs, même si c’est surfait et bidon, restent une solution temporaire pour garder un pseudo-contact avec le monde.
Pour d’autres solutions, ça se fera sûrement naturellement. Pour le moment rien que ce blog c’est déjà ça de pris 🙂