Paranoia, tu nous gonfles

Warning : article d’une journée down. Et tout va finalement bien.

Aujourd’hui la journée a été éprouvante, on peut même dire qu’elle a été très mauvaise.

Je suis en état de choc car j’ai la vive sensation que mon bébé va mourir d’une manière imminente et que je ne pourrai rien faire pour la sauver. Je suis tellement tendue/angoissée par cette intuition que je ne vais surement pas dormir et halluciner toute la nuit. (Svp j’veux bien les mygales mais pas des cadavres.) Cette sensation que quelque chose va lui arriver me rend malade. J’ai du mal à respirer, d’un côté je sais que je suis malade, d’un autre cette intuition est bien là et me bouffe. J’essaie de rationaliser, en 15 ans de maladie je l’ai bien appris mais l’angoisse ne disparaît pas. Et je sens quand même qu’un drame est imminent.

 

 

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S’armer contre le rejet social

Pour esquiver la critique, il faut s’armer. Trouver des techniques pour que Boris passe inaperçu.

Je suis sensible et je manque de répartie donc il faut que je travaille ma défense. Sinon à force de rejets je vais y laisser ma peau.

La technique la plus facile et plus parlante que j’aie trouvée est la qualité qu’on remarque sans même devoir utiliser le contact verbal : la coquetterie (ou du moins, être présentable).
Faire bonne impression sans même avoir dû dépenser de l’énergie en discutant ? Ça me botte. Je prends !!!

C’est positif pour limiter le rejet, sympa pour mon compagnon et surtout, je prends soin de moi et ça ..c’est bien. C’est donc 3 en 1 youpi tralala.

Mais bien sûr l’apparence ne fait pas tout, on m’enfoncera toujours au bout d’un moment, mais moins rapidement que si on me voit direct mal fagotée, pas soignée et à la grise mine. Vous voyez le truc?
C’est un leurre pour me faire gagner du temps et retarder le compte à rebours des critiques. Mettre la confusion entre l’intérieur et l extérieur. Ça marche bien.

« Non elle ne peut pas être schizo, elle a l’air trop normale ». Ettttttt JACKPOT. !!!

Mais j’avoue, parfois, souvent, avec les filles, rien qu’à cette étape, ça coince pour créer des liens.

Autant je ne passerai pas pour une schizophrène, autant je passerai pour une dinde en puissance.
Mais si la coquetterie des autres filles les rebute c’est qu’elles n’auraient pas été de bonnes amies.

Vous savez bien, les filles, à la base, n’aiment pas celles qui apparaissent + apprêtées qu’elles.

La jalousie féminine c’est ça la peur que l’autre se fasse féconder en premier. J’dis ça j’dis rien. Quand on l’a compris on en rigole.

Bref, vous l’avez vu dans mes bd, avec les filles je patauge. J’ai laissé tomber. Boum.

Pour en revenir à nos moutons, en quittant la volaille : Je me suis laissée aller quelques temps mais maintenant c’est décidé, opération pimp my bride.

L’essentiel étant que mon compagnon trouve au moins une bonne raison d’être fier de moi car, ces derniers mois, y’en a pas des masses. Je trouve.

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Le soutien familial

Si vous avez un proche atteint d’une pathologie mentale, soutenez-le.
Même si la frustration de le voir fonctionner différemment des autres personnes vous dépasse et vous donne envie de mettre des oeillères ou de crier, Il faut être une équipe. C’est comme ça que ça avance. Pas autrement.
Cela rajoute un confort, et surtout, cette douce bienveillance si magique. Du concentré de poudre de fée je vous dis.

Le soutien familial est un luxe , vous ne vous rendez pas compte que ce que vous pouvez offrir vaut plus que tout l’or du monde. Si si.
Parfois quand je suis au plus mal je me dis que c’est normal que ma famille ne me soutienne pas, que c’est mérité. Parfois je voudrais même me quitter moi-même.

Et, heureusement, survient toujours ce moment de lucidité qui me fait comprendre que non, je ne mérite pas ce manque de soutien et non, même dans mes moments difficiles, je ne me quitterais jamais car je suis une chouette fille.

 

Pourquoi ce blog ?

On m’a dit « putain c’est calimero ton blog ». J’ai buggé.

Quand j’ai commencé ce blog à dessins, je le voulais ludique et didactique.
Je voulais présenter le quotidien de la maladie sous forme amusante, ou on va dire pas trop déprimante. Car tout est une question de point de vue. Surtout quand on a un humour pourri.

J’ai hésité longuement avant de le metre en ligne. Je vous imaginais tous rire de moi, en me traitant de cas social et vous rassurant « hihi heureusement que je n’ai pas ça, moi ».
Je me voyais deja devenir la risée du web. La cible gratuite. Mais j’ai continué en me disant qu’il y aura peut etre des familles à qui ce blog servira. Et si je m’avère utile pour UNE seule personne, et bien j’aurai déjà atteint mon but.

En dessinant je me suis vite rendue compte qu’il n y a pas vraiment moyen d’enjoliver le bazar. Sauf en mettant un joli fond rose dans les cases. Ben ouais, la schizophrénie c’est une crasse.

Soit je reste vraie et je montre mon ressenti et tout ce que la maladie implique. Soit je donne une image tronquée, censurée et filtrée pour que ça passe mieux auprès des gens bien propres sur eux. Mais ce serait mentir sur toute la ligne et ça n’aurait plus aucun sens.

Le but n’est pas d’inspirer la pitié ou de chouiner mais de montrer ma vie de schizophrène à qui ça intéresse. Tant pis si on trouve ça déprimant. Ce serait d’ailleurs complètement con d’espérer trouver ça joyeux, en fait.
Je veux montrer aussi aux autres malades que vivre « bien » avec la maladie ça peut être possible. Ce n’est pas parce qu’on est malade que c’est cuit. L’erreur est de voir ça tout blanc ou tout noir sans prendre en compte les niveaux de gris.

Je ne sais pas vers quoi je me dirige, je sais juste que ça m’occupe et que c’est donc bon à prendre.

Voili voilou !

Et comme le dirait Perceval,
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