Ce monde est flou

Il y a comme un triple vitrage flou devant moi et pour comprendre ce qu’il se passe derrière, je dois me concentrer comme jamais pour déchiffrer les sons, les endroits, les gens et les gestes. Ça vous vide de votre énergie en même pas 20min.

Et puis le pire, c’est quand il faut répondre.

L’interraction est difficile. N’y voyez pas de la paresse mais un problème de stratégie lié à un état deconnecté.

Pour développer, répondre à un individu engendre plusieurs composantes :

1) être réceptif a la question. A priori je ne sais pas qu’on me parle donc dès le 1er ‘hey?? Wouhouuu???’ je dois faire répéter la question. Si on a de la chance, on se concentrait juste à ce moment là et on intercepte la question direct ( WESH WESH COMME UN BOSS).

Déjà là si on a dû la faire répéter, on part pas sur de bonnes bases. c est presque cuit. On commence déjà à passer pour un rêveur/bouché/fatigué (au choix).

2) Comprendre la question. Et y a plutôt intérêt à être rapide sinon c est foutu, si on a l’air de trop réfléchir sur un simple ‘salut ça va ?’ on passe pour un lent.

3) Réfléchir et formuler la réponse. Qd on a compris ce qu’on nous veut, faut être constructif, savoir ce qu’on veut dire, ET réussir à dire ce qu’on veut dire en tenant compte de cet important FACTEUR TEMPS car la vitesse de réaction va déterminer si on va encore etre pris pour un lent ou pas.

4) Réussir a s’exprimer correctement. Ça parait idiot, mais les mots que je veux dire ne sortent pas toujours dans le bon ordre. Et parfois ce ne sont même pas les bons mots qui sortent alors que j’ai pourtant bien réfléchi a ma réponse.

AU FINAL : Si vous vous en sortez avec juste un sourcil levé de votre interlocuteur c’est encore pas trop mal. S’il n’a pas l’air de réagir spécialement, bien joué soldat vous pouvez vous reposer, succès!

En cas d’échec de la manoeuvre on obtient l’éternel feedback ‘wouhou? Tu te drogues?’ ou l’original mais pas moins condescendant ‘he la nuit il faut dormir hein’ et vous pouvez vous dire ‘vdm’ et prier pour que votre réputation ne se répande pas comme de la mauvaise herbe.

C’est pourquoi  il m’est épuisant et éprouvant d’entretenir des contacts en face à face. Voyez-vous, en plus de l’énergie dépensée je suis souvent confrontée a un feedback négatif, de la condescendance, de l’humiliation. je ressens de la colère face à l’injustice de me faire traiter comme une imbécile par des gens qui, bien souvent, n’ont pas inventé l’eau chaude.

Si seulement vous saviez que de mon côté de la vitre, tout marche en accéléré, vous ne tiendriez pas le rythme de mes raisonnements ni de mes idées.

behind-the-glass-toni-vilches

Mes voix c’est pas Einstein.

Des fois on se dit qu’on a peut être un don caché.
Qu’il y a une explication, que ça ne peut pas juste être une maladie à la con.
Qu’il y aura forcément un truc génial pour compenser les dédommagements occasionnés. Le yin et le yang.

Et puis c’est là que tes voix recommencent à te raconter de la merde et que tu te dis ‘ non, non non, en fait j’ai juste pas de bol, y’a juste eu une fée un peu golio au dessus de mon berceau qui a dit un jour ‘Les voix les plus teubé du royaume tu auras.’

Fin de l’histoire.

 

 

Ta gueule Boris.

Pas une bonne journée. Symptômes dans tous les sens.

Le flou intégral,  tout semble disparaitre dans un nuage de fumée opaque autour de moi, et puis je me suis retrouvée nez à nez avec.. Boris.
J’ai hurlé. Ben oui. Et ça a fait sursauter monsieur et mini-moi. Pas cool.

Mais qui est donc Boris?

Boris, je lui attribue la cause de tous mes soucis.
Il fait partie de mes hallucinations les plus fréquentes. Une grande silhouette noire immense genre 2m80 avec un très grand chapeau façon kkk. Il me regarde toujours fixemment de loin, c’est son truc. Souvent en soirée et dans la salle de bain. Parfois il a la tête penchée de côté.

J’avoue qu’à chaque fois je m’effraie et je perds 10 ans de ma vie.
Parfois je ne le vois pas mais je l’entends rire ou me parler. Et j’ai juste envie de lui dire de la boucler.