Le culte de la maigreur

Attention, je parle de ma propre expérience uniquement, la dénutrition m’a rendue carencée et malade, je ne critique aucunement les personnes qui sont -naturellement- de morphologie maigres ni les personnes souffrant d’anorexie.

À côté de tout ce qui se passe dans ma tête, comme le mental et le physique sont liés, mon corps a changé aussi.

Et donc, maintenant je suis maigrichonne à force de dénutrition imposée par Boris (mon intemporelle peur (délire) d’être empoisonnée), et non par volonté propre.

J’me trouve pas belle.. J’ai perdu ce petit peps qui me rendait attirante : mes courbes de la bonne santé !

je ressemble a un cadavre de roswell. J’ai le menton pointu et un gros front, plus de poitrine, mes cernes sont aussi creusées que mes joues. Mes cheveux n’ont plus la forme. Ma peau n’est plus très tonique. Mais attention, je suis censée être rentrée dans les standards de beauté physique prônés par les médias et les magazines feminins. WEEEEEE ! …#facepalm. Attendez, j’me pends je reviens.

C’est vraiment du bon gros flan, je n’ai jamais été aussi laide de ma vie. Alors oui je rentre dans un 34 mais NON je ne suis pas belle. Parce que je ne suis pas fine au naturel.

Honnêtement, pour celles qui ont un contrôle sur leur poids, le tout vaut plus que la somme des parties. Ne perdez pas ça de vue, jamais. Ne prendre qu’une chose en compte et miser dessus ( par ex vouloir absolument un ventre plat) et oublier que le reste en pâtira aussi est un mauvais calcul. Ça vous fera une belle jambe (ou un beau ventre dans le cas présent) d’avoir le bidou plat mais l’air malade.

Le regard des gens :

Et c’est là que je constate, encore, que la société est toxique.

Les rares personnes à me cotoyer de temps en temps ont souligné ma perte de poids en rajoutant un délicieux « ha ouais mais t’es top là maintenant ! » Sauf un qui m’a traitée de  » tête de tox anorexique ». Enfoiré.
La frontière entre minceur et maigreur est devenue si floue au fil des décennies qu’à présent l’idéal qu’on nous impose, qualifié de « top », est d’être en mauvaise santé, dénutri, pour ceux qui ne sont pas maigres de nature.

Parce que oui, les gars, quand mon IMC indique maigreur, ça veut dire que c’est négatif pour ma santé, je le rappelle. Mais non, je suis « top ».

Et là je crie wtf. On va encore dire que parce que je suis schizophrène je vois le mal partout, même dans les compliments, ouuhh la folle. Mais le contenu du message, « tu es top » reflétant une société plus malade que moi, et me poussant à rester dans cette voie défavorable pour ma santé, ne comportant donc aucune bienveillance, me fait me sentir en terrain hostile et me fait froid dans le dos.
Et l’accomplissement du haut-fait d’avoir obtenu ce fameux thigh gap sur fond de carences ne me console aucunement. Être content d’atteindre des standards et objectifs biaisés c’est un peu comme vouloir absolument devenir myope pour pouvoir porter des montures Chanel. C’est fucked up.

A la base, vivre en communauté impliquait une influence et adaptation continue envers son entourage. Veiller intrinsèquement les uns sur les autres, si l’un déraille, l’effet de masse lui fait réajuster son comportement déficient pour rétablir un équilibre sain.

De nos jours c’est utopique, et c’est en sortant de la société qu’on se préserve. Qu’on préserve son capital santé, ses nerfs et son argent.

Mais bon, c’est juste une folle qui baragouine, elle est négative, tout un article juste pour une histoire de compliment. C’est malade. Fuyons cette misère humaine et allons chez zara.

3 Comments

  1. Sacha
    8 août 2017

    Salut,
    J’aime bien ton blog et les articles que tu proposes et je comprend aussi que le ton de ton article, et se sentir mal dans son corps est une expérience VRAIMENT dispensable (surtout quand on est déjà touché par une maladie). Et je suis aussi totalement d’accord sur l’injonction à la maigreur et le fait que les normes sociales blessent autant que des barbelés quand on est différent.

    Pourtant… Cet article me laisse un peu pantois. Le « tête de tox anorexique » est vraiment pas cool pour les consommateurs de drogues (les addictions c’est pas super marrant) et les anorexiques qui s’en prennent déjà plein la tronche quotidiennement. Ce qui me gène dans ton article, ce n’est pas le regard que tu as de ton corps (je ne me permettrai pas) mais bien le fait de taper indirectement sur les personnes atteintes d’autres troubles mentaux, parce que ça peut être très violent pour ces personnes là. J’ai l’impression que tu essayes de faire une mise en garde contre la dénutrition liée à une perte de poids/ régime mais parfois, ça frôle le body-shaming (on peut être maigre naturellement/ faire un régime pour se sentir mieux dans son corps et ne pas avoir l’air au bord de la mort…).
    En plus, les personnes atteintes d’anorexie sont souvent perçues comme des personnes très maigres. En vrai, on peut être anorexique et avoir un IMC dans la norme, voir supérieur à la norme.
    L’anorexie et les addictions sont des maladies, au même titre que la schizophrénie. Merci de ne pas dénigrer les personnes qui en sont atteintes.

    Voilà, j’espère que mon message n’était pas trop rude. Bon courage à toi en tout cas

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    1. Bouclette
      9 août 2017

      Coucou Sacha,

      Je comprends parfaitement ton commentaire.
      Quand j’ai commencé ce blog c’etait uniquement pour me décharger de tout ce que je n’ai pas le droit de dire à la maison. Le but n’était même pas de le faire lire.
      Donc je m’etais lâchée dans mon désespoir, sans réfléchir sur le sens profond de chaque mot, sans me dire que chaque terme utilisé pourrait être mal pris d’une façon ou d’une autre.
      Car ce blog ne devait ni tourner ni être lu.

      À présent il tourne un petit peu et on passe au peigne fin tout ce qui a été maladroit et j’ai l’impression qu’on attend de moi que je sois parfaite et irréprochable dans ce que j’écris.
      C’est difficile. J’essaie hein, vraiment, en presqu’un an de blog des choses ont évolué, mais ce n’est pas toujours facile de s’exprimer sans fausses notes.

      Les termes anorexique tox étaient utilisé simplement car on m’a déjà traitée d’anorexique toxicomane. Peut être devrais je le mentionner dans l’article en question ou bien revoir la façon dont j’ai écrit mes plus anciens posts.

      Bref, non tu n as pas ete trop rude tu as ete assez gentille dans ton commentaire, je corrigerai l’article en question, et le dessin, pour éviter de blesser du monde car c’est l’opposé de ce que je veux faire, je te remercie d’avoir relevé mes erreurs de parcours, je m’ameliorerai, promis !

      Des bisous

      Bouclette

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      1. Copper Lebrun
        24 août 2017

        Bonjour Bouclette, je voulais dire que oui, vous avez parfaitement raison… c’est en prenant une distance par rapport au moule commun imposé par le regard des autres que l’on préserve sa santé et son esprit. Je rajouterai que d’après moi vous avez tout à fait le droit de citer et de vous comparer aux autres pathologies, sans craindre de les offenser. Citer quelqu’un ce n’est pas lui faire du tort. Pour ma part, je me sens offensé par les gens qui essaient de contrôler mon langage au nom de politiques identitaires ou de théories victimologiques… par contre j’acccepte toujours que l’on me corrige de façon argumentée. Je suis content que le contenu de votre blog ne soit pas resté privé.

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